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Alain Testud, la culture du Safran

02/03/2017
Alain Testud, Horticulteur de formation, cultive le Safran à Lachapelle Graillouse

Le hameau de Villeneuve, sur la commune de Lachapelle, abrite une plante recherchée tant pour ses qualités gustatives que médicinales : le safran. Étonnant qu’une telle épice puisse se cultiver à plus de 1200 mètres d’altitude ! Et pourtant, depuis quinze jours, Alain Testud ramasse de 300 à 2000 fleurs par jour. La floraison est capricieuse, et non prévisible ; la lune, l’humidité, les différences de température, autant de facteurs qui influencent le pic de floraison. Chaque matin, en arrivant sur le terrain de culture, le safranier ne sait pas si les fleurs seront au rendez-vous ou pas.

En juillet 2015, Alain, originaire de Villeneuve et horticulteur de formation, a fait le pari de planter 10 000 bulbes sur une surface d’environ 300 mètres carré. « Padgel » et fils de paysans, il avait à cœur de continuer à travailler la terre, mais autrement. L’une des parcelles de la famille, appelée Le champ de l’arbre, est donc devenue le site d’exploitation d’un nouveau type de culture.

Après la récolte, l’opération la plus délicate consiste à émonder la fleur, c’est-à-dire à détacher le fameux pistil rouge-orangé. Puis un séchage de 30 minutes à 50 degrés, dans un déshydratateur, retire 80 % du poids initial du pistil. Il faut donc compter entre 150 et 200 fleurs pour obtenir 1 gramme de safran. Pour acquérir son goût raffiné, l’épice doit encore mâturer pendant un à deux mois dans un bocal hermétique. Enfin, le safranier peut commercialiser l’or rouge au prix de 30 à 40 € le gramme. Ce prix élevé s’explique par le fait que la plantation, l’entretien, le désherbage, la récolte et l’émondage se font à la main.

 La montagne ardéchoise a un potentiel énorme.  Il n’y a pas que l’élevage ou la production laitière. On peut diversifier les cultures.

Ainsi, sur le Champ de l’arbre, tout près des bulbes de safran, fleurissent des soucis, cassis, calendulas, achillées, camomilles, millepertuis et arnicans, vendus à la coopérative Vivaplante située à Mercuer.

Passionné par les plantes, Alain aime à expérimenter avec de nouvelles espèces, de nouveaux procédés, tout en gardant l’objectif de proposer un produit de qualité.

 

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